Conférence « Jardins et Publics » 2010 à Metz

Au milieu, est bâtie une maison.

L’intervention de Zhara Wahid, lors de la 8ème conférence des jardins, à Metz, les 28 et 29 septembre dernier, est restée dans toutes les mémoires. Cette Libanaise vit à Beyrouth, où elle est responsable et animatrice de la Maison verte, dans le jardin du Parc des bois des pins, seul espace vert conséquent au cœur d’une capitale de 1.400.000 habitants.

Avec des mots simples, Zhara Wahid nous a fait partager son expérience et nous a plongés au coeur de la réalité libanaise. Le parc qui abrite la Maison verte est tout ce qui reste de l’immense forêt qui occupait le site, il y a 4 siècles. Après la guerre qui ravagea le pays de 1975 à 1990, il ne restait plus que 320 arbres squelettiques, sur un terrain dévasté au milieu duquel passait la ligne de démarcation. En 1990, la municipalité réaménagea le parc, devenu depuis une oasis de verdure au cœur de la ville, de la taille environ de notre jardin du Luxembourg parisien. Vu de la France, on pourrait penser que le plus gros du travail était fait. C’est oublier que Beyrouth est une ville à part. Comment imaginer, de chez nous, que l’espace public ne se partage pas ? Comment comprendre que dans ce pays meurtri, traumatisé, il est associé à la peur de l’autre, au danger, à la violence ? Le public libanais ne sait d’ailleurs pas comment se l’approprier en le respectant. Comment également imaginer que certains enfants n’osent pas toucher la terre, signe de déclassement social, suivant en cela les préceptes enseignés par leurs parents ?

La Maison verte a entrepris la gigantesque tache de sensibiliser les plus jeunes au respect de la nature, et au partage de cet espace naturel. Derrière cet objectif simple, se profile, en filigrane, celui, tout aussi important, de créer un pont entre des communautés séparées par la peur de l’autre et l’ignorance.

A travers des ateliers de jardinage, des plantations d’arbres, des ballades sensorielles, des découvertes ornithologiques, jumelles en main, les jeunes entrent en contact à la fois avec la nature et avec l’Autre. Les formateurs sont multiconfessionnels et la Maison verte est devenue un lieu de rencontres, de communication, d’ouverture, où se fait la transmission des valeurs de partage, de protection et de qualité environnementale. Cette réconciliation d’un peuple avec lui-même et avec son environnement, cette conquête pacifique sur la peur et l’obscurantisme, sont des graines d’espoir que Zhara a semées et auxquelles nous souhaitons longue vie.

Cette intervention émouvante a interpellé tous les participants de la Conférence. La Maison verte étant encore fragile et fonctionnant avec des moyens très limités, une collecte spontanée a réuni plus de 1.200 euros. Au-delà de l’aide matérielle qu’elle représente, cette somme est un véritable encouragement pour Zhara Wahid et une reconnaissance de son travail par la profession. Et au-delà également de l’élan de générosité suscité dans l’instant, la promesse faite à Zhara de l’aider à réaliser un « Jardin sans Limites » est un pari gagnant sur l’avenir…

Témoignage de Catherine Delvaux, Rédactrice-en-chef de « Détente Jardin »

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